Acte XI des gilets jaunes : Un samedi sous l’oeil des foulards rouges !

Acte XI des gilets jaunes : Un samedi sous l’oeil des foulards rouges !

janvier 25, 2019 0 Par Fabien Ferasson

Blocage du périphérique, “nuit jaune”, chaîne humaine… Plusieurs événements sont prévus ce week-end pour l’acte XI des “gilets jaunes”. 

Alors que le débat national est désormais bien lancé, les “gilets jaunes” se préparent pour l’acte XI de la mobilisation.

Samedi 26 janvier, devrait se tenir la “première nocturne nuit jaune des gilets jaunes”. Le rendez-vous est donné place de la République à Paris. “Nous maintiendrons ces nuits jusqu’à la fin du grand débat. La place de la République sera notre rond-point géant. Cette nocturne ne sera pas violente et menaçante, elle sera citoyenne et pacifiste. Elle permettra de maintenir des rassemblements dans la durée”, peut-on lire sur la page Facebook de l’événement. Celui-ci comptabilise 1.300 participants et 9.800 personnes se déclaraient intéressées vendredi.

Un blocage du périphérique vendredi ? 

Le 21 janvier, Éric Drouet annonçait également une “nuit jaune” sur son groupe, sans en dire davantage. Dans une vidéo live, repérée par le journaliste de Libération Vincent Glad, cette figure des “gilets jaunes” explique : “Les manifs en journée, c’est bien mais c’est pas comme ça que ça va bouger. Les gens veulent mettre un bon coup et qu’enfin on soit écouté”. “On pense que c’est important d’avoir des manifs déclarées. Pour les personnes fragiles, qui ont besoin d’être en sécurité. Et puis, ça fait le nombre”, poursuit-il, toujours cité par Vincent Glad sur Twitter. “Je conseille pas à tous de venir la nuit”. Éric Drouet a par ailleurs partagé l’événement “première nocturne nuit jaune des gilets jaunes” sur sa page Facebook de “La France en colère”.

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Sur cette même page, un blocage du périphérique dans les deux sens est prévu dès vendredi à partir de 13 heures. La page Facebook de l’événement revendique 108 participants et 597 personnes intéressées. Le chauffeur routier de 33 ans, qui a demandé cette semaine à être reçu par Emmanuel Macron, appelle par ailleurs à une grève générale illimitée dès le 5 février. Éric Drouet a également lancé un sondage, dont LCI se fait l’écho, sur les nouvelles formes à donner au mouvement, et l’option “48 heures de manifs” rassemble le plus grand nombre de suffrages

La “stratégie de l’épuisement” 

Deux autres nocturnes, décrites sur les pages des “gilets jaunes” comme une “stratégie de l’épuisement” des forces de l’ordre, sont également prévues samedi à Rennes (Ille-et-Vilaine) et à Bordeaux (Gironde). “Acte 11, nocturne chez Juppé” comptabilise 517 participants et 1.600 personnes intéressées. Selon LCI, Maxime Nicolle, alias “Fly Rider”, l’une des figures des “gilets jaunes”, qui a décidé de faire le tour des manifestations en province pour mesurer l’ampleur de la mobilisation, devrait participer à ce rassemblement bordelais. 

Un autre événement Facebook organisé ce week-end est populaire, “chaîne humaine traversant la France”. “Le principe est simple : faire une chaîne de gilets jaunes allant jusqu’à Paris. Plusieurs tracés pour que chacun(e) puisse participer. Ne pas couper cette ligne,voilà notre objectif”, lit-on sur la page de l’événement, prévu pour dimanche à partir de 10 heures. Sur Facebook, 3.800 personnes ont indiqué vouloir participer, 10.000 sont intéressées. Plusieurs manifestations sont également prévues en province comme à Toulon, Marseille, Lille ou Toulouse.

De leur coté des Français “foulards rouges” espèrent mobiliser dimanche 27 janvier “la majorité silencieuse” pour défendre “la démocratie et les institutions”, ont annoncé jeudi plusieurs de leurs représentants. Le mouvement est né en novembre en réaction aux violences lors de manifestations des “gilets jaunes”. 

Cette “marche républicaine des libertés” prévue à Paris dimanche n’est “ni pro-Macron, ni anti-gilets jaunes”, affirment les organisateurs.  Les “foulards rouges” s’élanceront à 14h00 de la place de la Nation vers la place de la Bastille. “La colère a été entendue, les revendications étaient légitimes mais nous dénonçons la forme, les violences systématiques, la haine contre les élus, les journalistes.

Aujourd’hui, on n’est plus dans une contestation sociale”, a déclaré Laurent Soulié, initiateur de la marche, lors d’un point presse.”C’est un appel à la majorité silencieuse qui reste terrée chez elle depuis dix semaines”, a ajouté cet ingénieur dans l’aéronautique à Toulouse. Sympathisant de la République en marche (LREM), il ne souhaite pas “défendre la personne d’Emmanuel Macron” mais “les institutions à travers la fonction qu’il occupe”. “Notre appel dépasse toutes les considérations partisanes. Nous entendons provoquer un sursaut citoyen”, abonde Laurent Segnis, fondateur des “gilets bleus”, rallié aux “foulards rouges”. Son collectif est né fin novembre pour protester contre les blocages mis en place par les “gilets jaunes”.

LREM embarrassée

Le parti présidentiel, “sensible à cette initiative”, a cependant choisi de prendre ses distances. LREM “n’appellera pas à manifester le 27 janvier mais redoublera d’efforts pour assurer la réussite du débat” national, a fait valoir mardi son patron Stanislas Guérini. Celui-ci refuse “la logique du camp ontre camp”. “On ne peut pas appeler à l’apaisement et dans le même temps aller manifester dans la rue”, abonde un membre du parti à l’issue du d’une réunion du bureau exécutif.

“Je n’y participerai pas et je pense que les élus n’ont pas vocation à participer à ce type de rassemblement”, explique le député LREM du Val-d’Oise Aurélien Taché, pour qui “il n’est pas question de manifester Français contre Français”. D’autant plus que “les forces de l’ordre sont épuisées”, complète un ministre qui ne se voit pas “manifester pour (s)’autosoutenir”. Plusieurs autres élus de la majorité interrogés par l’AFP font part de leur circonspection face à cette marche.

Risque d’affrontements ? 

Certains “foulards rouges” ont fait état de “menaces” sur les réseaux sociaux, où un appel à une contre-manifestation a été lancé. “C’est grave, on ne peut plus exprimer notre choix. Des gens ont peur de venir”, affirme le “foulard rouge” Théo Poulard, indiquant la présence d’un “service de sécurité” dans le cortège, en appoint des forces de l’ordre. “Il y a deux gros risques”, pointe un élu d’Ile-de-France. “Qu’il n’y ait personne et qu’on soit ridicules, ou qu’il y ait des gens qui viennent pour se battre”.

Les organisateurs ne se fixent aucun “objectif” de mobilisation. Près de 10.000 personnes avaient déclaré vendredi sur Facebook leur intention de participer à cette marche, 26.000 personnes se disaient intéressées. “Le plus important, c’est de libérer la parole, de permettre une prise de conscience, avec enfin un appel au calme et au dialogue”, résume Laurent Soulié.

La rédaction avec l’AFP

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