Après des mois de détention dans des conditions indignes et des procès parfois lunaires, la Haute cour criminelle d’Alor Setar, ville située à 500 km au nord-ouest de la capitale Kuala Lumpur, a rendu sa liberté au jeune Français, Tom Félix.
104 ans de prison et 54 coups de canne
La nouvelle est tombée ce mardi 03 février 206, Tom Félix, un Français de 34 ans accusé de détention et de trafic de stupéfiants, a été acquitté. Le trentenaire risquait la peine de mort ou à défaut, ce que l’on appelle une peine cumulée allant jusqu’à 104 ans de prison, assortie de 54 coups de canne et d’une amende de près de 27 000 euros.
Ancien directeur de projet chez Veolia, diplômé en aquaculture et biologie marine, Tom Félix s’était passionné pour Langkawi, une île touristique prisée au large des côtes malaisiennes. Il y avait investi 40 000 euros dans un restaurant qu’il prévoyait d’ouvrir en partenariat avec un Malaisien, et sous-louait une chambre au domicile de ce dernier.
Le 9 août 2023, la police faisait irruption dans la maison. Du cannabis est alors découvert dans les parties communes. Tom, son associé et l’ex-épouse de ce dernier sont interpellés. Mais les analyses ADN n’ont jamais incriminé Tom Félix. En outre, le coaccusé, son ancien associé, avait reconnu avoir reçu les colis contenant la drogue. Depuis, il a été emprisonné, pendant donc plus de vingt et un mois, dans une prison reculée de l’État de Perlis, dans le nord-ouest de la Malaisie. Il y clamait toujours son innocence
« Tom partage sa cellule avec 37 autres détenus. Ils dorment à même le ciment, sur des tapis de yoga, sans ventilateur. Les toilettes sont un trou dans la cellule, la douche un tuyau. Ils n’ont droit à aucune promenade, aucune sortie »
En mai 2025, Sylvie Félix, sa mère, alors de retour, avec son époux, Jean-Luc, d’une visite, le 24 mai, à la prison de Perlis au Monde.
Un fils de professeurs de l’AEFE
Depuis 2024, un comité de soutien, Free Tom Félix, s’efforçait de médiatiser en France le cas du jeune homme. Dans le cadre de l’assistance consulaire, des agents du consulat français à Kuala Lumpur se rendaient régulièrement à Perlis. Est-ce que Tom Félix a eu le droit à un traitement particulier ?
Pas vraiment, tout Français peut demander l’assistance consulaire, mais le fait que Sylvie et Jean-Luc Félix, 61 et 62 ans, soient tous deux professeurs du réseau AEFE, a pu sensibiliser les autorités plus qu’à l’habitude. Tous deux habitent à Singapour depuis 2007, ils sont membres du corps professoral des écoles au lycée international français, et enseignent en maternelle.
Les époux Félix ont notamment été entendus par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lors de son passage, en mars 2025, dans la cité-Etat et ont été reçus pour la première fois par l’ambassadeur de France en Malaisie, Axel Cruau, à Kuala Lumpur, le 8 mai. Emmanuel Macron avait aussi mentionné le dossier avec le premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim, lors du G20 à Rio, en novembre 2024. Le Président de la République les avait reçus en mai à l’occasion d’une visite officielle à Singapour.

Immense soulagement en France
Tom Félix devrait recouvrer la liberté dans les prochaines heures après diverses démarches. « Nous sommes très heureux, soulagés. C’est la fin d’un cauchemar et nous sommes tellement heureux », a réagi Sylvie Félix, maman de Tom, interrogée par l’Agence France-Presse (AFP) à la sortie du tribunal.
« Pensées particulières pour ses parents, que j’avais rencontrés, qui n’ont jamais cessé d’y croire et qui vont maintenant être réunis avec leur fils »
Emmanuel Macron ce mardi 03 février 2026
Sur France TV, le ministre des Affaires étrangères français a fait part mardi de son « immense soulagement ». « Je suis très heureux. C’est la fin d’un très long cauchemar, pour Tom qui a vécu l’enfer d’une accusation injuste et d’une détention indigne, et pour sa famille qui a tenu bon contre la tentation du désespoir », a réagi son avocat français François Zimeray, joint par téléphone par l’AFP. « L’étude du dossier m’a donné la conviction absolue de l’innocence de Tom », avait auparavant déclaré Me Zimeray, ex-diplomate et spécialiste des droits de l’homme.
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