Du 2 au 6 mars 2026, une grande partie des travaux de la 44ème session plénière de l’AFE au Quai. C’est donc au cœur même de la diplomatie française que les travaux des 90 élus se sont ouverts, dans un climat international préoccupant. Alors que plusieurs régions du monde sont secouées par des conflits, cette semaine de débats revêt une dimension toute particulière. La présence d’Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, était particulièrement attendue. Son intervention s’inscrivait dans ce contexte de forte tension, mais aussi dans une perspective de renouvellement électoral. Cette session étant en effet la dernière avant le retour aux urnes prévu fin mai 2026.
44eme session plénière de l’AFE : entre bilan et situation de crise
Dans les travées de l’AFE, avant l’ouverture officielle des travaux, nombre d’élus avaient une pensée pour leurs compatriotes confrontés depuis ce week-end à une dégradation brutale de leur situation sécuritaire au Moyen Orient. Certains de leurs représentant(e)s ont pu rejoindre Paris, à l’image de Daphna Poznanski-Benhamou (Israël) ou Nadia Chaaya (Arabie saoudite). D’autres, en revanche, n’ont pas été en mesure de faire le déplacement, bloqués dans leur pays de résidence sous la menace des frappes, comme Rosiane Houngbo-Monteverde (Qatar-Bahreïn).
« Il est important de faire vivre la démocratie à l’étranger »
Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger
Ouvrant les débats, Hélène Degryse, présidente de l’Assemblée des Français de l’étranger, a ainsi souligné la « souplesse » et la « réactivité » dont font preuve les Français de l’étranger face aux imprévus et aux crises. Elle a aussi voulu inscrire son propos dans la continuité des « quatre années et demi d’engagement » écoulées depuis la fin de l’année 2021 e le début de ce mandat. Tout en dressant un premier bilan, elle souhaite aussi faire de cette session « un point d’appui pour la suite ». Car cette 44ème session plénière est la dernière avant un cycle électoral majeur : fin mai 2026, les Conseillers des Français de l’étranger seront élus puis dans la foulée, les membres de l’AFE seront à leur tour renouvelés.
Éléonore Caroit : Sécurité, démocratie et mobilisation collective au cœur des priorités
Dans un monde fragilisé où le mot guerre est une réalité tangible, les travaux de l’Assemblée des Français de l’étranger prennent donc une résonance toute particulière. Face aux élus réunis au Quai d’Orsay, Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, a d’abord tenu à saluer la solidité et l’engagement du réseau diplomatique français. La ministre a aussi affirmé avec gravité sa « priorité absolue : la sécurité » des Français établis au Moyen-Orient, mais aussi de ceux qui y sont simplement de passage. Elle a rappelé que le Centre de crise et de soutien (CDCS) est pleinement mobilisé pour accompagner nos compatriotes confrontés aux tensions actuelles.

Au-delà de l’urgence sécuritaire, la membre du gouvernement de Sébastien Lecornu a élargi son propos aux autres défis qui concernent les Français de l’étranger. « C’est collectivement que nous arriverons à répondre aux attentes », a-t-elle affirmé. Parmi les dossiers prioritaires évoqués figure celui de la représentation démocratique. À l’approche des élections consulaires prévues fin mai 2026, la ministre a insisté sur la nécessité de « faire vivre la démocratie à l’étranger » et d’encourager » la plus large participation » possible des Français de l’étranger. Elle a rappelé que chaque Français de l’étranger a jusqu’au 24 avril pour s’inscrire sur les listes électorales. Mais certains membres de l’AFE ont souligné la diminution du nombre de bureaux de vote à l’étranger, s’interrogeant sur la capacité du scrutin par internet à compenser cette réduction du maillage territorial.
Éléonore Caroit à l’AFE : l’AEFE un outil d’influence
Devant une assemblée attentive à son discours, la ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, a abordé la réforme de l’AEFE (Agence de l’enseignement français à l’étranger). Un sujet qu’elle qualifie elle-même « d’intime ». Ancienne élève du réseau, elle a aussi été parente d’élèves scolarisés dans ces établissements, la ministre assumant donc un lien personnel avec cette institution. Elle a précisé son idée pour faire évoluer la situation « renforcer la capacité d’action et de gouvernance » de l’AEFE.
« L’AEFE, c’est aussi un outil d’influence française »
Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger
Pour Éléonore Caroit, l’AEFE ne se limite pas à sa mission éducative. « C’est aussi un outil d’influence », a-t-elle rappelé à la tribune. Mais au-delà de l’enjeu diplomatique, la ministre a aussi insisté sur un point, celui de permettre aux familles françaises, quels que soient leurs revenus, de scolariser leurs enfants dans le réseau français à l’étranger.

Elle n’a pas éludé la question sensible de la hausse des frais de scolarité, largement dénoncée par les parents d’élèves. Toutefois, elle a tenu à préciser que les « mesures budgétaires d’urgence prises en décembre dernier ne sont pas la réforme ». S’adressant directement aux membres de l’AFE, la ministre a affirmé :« Vous serez écoutés, entendus, et aussi attendus » sur vos propositions. Ces réflexions s’appuieront aussi sur la mission parlementaire confiée par le Premier ministre à la sénatrice Samantha Cazebonne, ainsi que sur la mission d’information du Sénat, dont Yan Chantrel et Mathilde Ollivier sont co-rapporteurs.
Un futur projet de loi pour les Français de l’étranger
Outre, la réforme de l’AEFE, celle de la CFE (Caisse des Français de l’étranger) retient aussi l’attention de nos expatriés. Pour cela des dispositions pourraient être prises dans le projet de loi pour les Français de l’étranger en préparation. Sans en dévoiler tous les contours, Éléonore Caroit a évoqué un texte « simplifié et condensé », pensé pour s’insérer plus aisément et rapidement dans un l’agenda parlementaire.
« Un projet de loi pour les Français de l’étranger simplifié et condensé »
Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger
Avant son entrée au gouvernement, la ministre était députée de la 2e circonscription des Français établis hors de France (Amérique latine – Caraïbes). À ce titre, elle avait déposé, avec son collègue Karim Ben Cheikh, une proposition de loi « visant à renforcer les droits et les services publics » pour les expatriés. Mais à en croire ses propos devant l’AFE, l’intégralité des dispositions qu’elle défendait alors depuis les bancs de l’Assemblée nationale ne figurera pas dans le futur texte gouvernemental. Une manière, peut-être, d’inviter dès à présent les sénateurs et les députés a préparé d’ores et déjà leurs amendements.
Entre crises internationales, réformes structurantes et échéances électorales, cette 44e session plénière de l’AFE pourrait donc marquer un moment particulier du mandat À moins de trois mois du scrutin consulaire de fin mai 2026, un message domine chez les élus : dans un monde instable, la voix des Français de l’étranger doit plus que jamais compter. Reste désormais à traduire les intentions en actes, les résolutions et avis adoptés en action concrète. L’avenir de l’AFE en dépend.
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