2017 en France , 2018 au Québec

2017 en France , 2018 au Québec

octobre 11, 2018 0 Par La rédaction

Parlement Québécois

Ces damnés Français auraient-ils déteints sur les Québécois?

Mai-juin 2017  Emmanuel Macron  et En Marche raflent la mise et renvoient PS et LR dans l’opposition alors qu’ils ont gouverné la France en alternance depuis 60 ans.  Octobre 2018, les électeurs québécois infligent le même traitement au Parli Libéral (sortant) et au Parti Québécois qui règnent depuis longtemps sur la belle province.

Pour le Parti Libéral au pouvoir depuis quasiment 15 ans, c’est la déroute.  Il disparait des circonscriptions francophones (hormis le premier ministre sortant Philippe Couillard). Les rescapés trouvent refuge dans les circonscriptions anglophones. Côte francophone c’est la bérézina pour le Parti Québécois.  Les libéraux totalisent  25% des voix et ont  32 sièges.

Après avoir perdu le référendum sur l’indépendance en 1995,  le part indépendantisten’a cessé de s’affaiblir depuis vingt ans.  Il n’a jamais eu si peu de députés depuis 1973 :  17% des voix et 9 sièges

 

Mais qui a donc gagné ces élections?

On assiste à un raz demarée de la Coalition Avenir Québec de François Legault.  De droite et autonomiste(non pas indépendantiste ), la Coalition avenir Québec, a un programme simple autour de deux objectifs :réduction de la taille de l’Etat et  baisse de l’immigration,

Et comme les Québécois  veulent le changement, la coalition remporte  une grande majorité de sièges aux quatre coins du Québec.   Avec 74 députés (37,4%) sur 125 la CAQ remporte la majorité absolue.  Elle en avait 21 dans l’assemblée sortante.

Le débat de l »indépendance du Québec – omniprésent au Québec depuis 30 ans  -n’a pas été au centre de la campagne électorale.  Le soir de la victoire, François Legault a pu dire  « Aujourd’hui on a marqué l’histoire, aujourd’hui il y a beaucoup de Québécois qui ont mis de côté un débat qui nous a divisés pendant cinquante ans ».  En effet les partis favorables au fédéralisme canadien ont totalisé plus de 63% des suffrages

 

François Légault

L’immigration est au cœur de la campagne alors que le Québec va bien. Le Québec connaît une situation économique enviable.  Le chômage   est en moyenne  à5,6 % – et pratiquement inexistant dans plusieurs régions – favorisé par l’exode des jeunes vers les grands centres et le vieillissement accéléré de la population. Les milieux économiques, ont besoin de l’immigration pour combler une partie des quelque 100 000 postes de travail à pourvoir dans tout le Québec.  C’est d’ailleurs ce qui se passe.

Malgré ce contexte  François Legault a proposé de réduire de 20% le nombre de personnes admises au Québec — de 50 000 à 40 000 individus chaque année — tout en gardant intactes les sommes allouées aux mesures d’intégration des immigrants.

Il a proposé l’instauration d’un examen de français après trois ans de séjour dans la province. Celui qui échoue est  renvoyé dans son pays d’origine.  Dans un pays communautariste, il a abordé la question de la visibilité de la religion. Pour ces propos sur l’immigration,   Libéraux et PQ l’ont comparé à Donald Trump.

Enfin  surprise de taille de ce scrutin,  comme en France, on assise à l’émergence d’un parti à la gauche de la gauche : Québec solidaire   16% des voix et 10 sièges.

 

François Légault est-il un bébé Trump ou un disciple d’Emmanuel Macron?  La réponse est probablement intermédiaire.  Comme  Emmanuel Macron il a été élu sur le rejet des partis traditionnels.  Comme Donald Trump il surfe sur la question de l’immigration.

Mais la petite révolution Québécoise  ne devrait que peu affecter la vie des  Français qui résident au Québec. On peut en effet espérer qu’il réussiront l’examen de langue.

 

La Rédaction,

Le 03/10/2018

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