2 Questions à Jean-Yves Leconte, sénateur des Français de l’étranger

2 Questions à Jean-Yves Leconte, sénateur des Français de l’étranger

novembre 13, 2018 0 Par Redaction

Agé de  52 ans et Normand Jean-Yves Leconte est un ingénieur  diplômé de  l’Ecole centrale Paris et un entrepreneur.   Après un service national en Pologne  il décide de s’établir dans ce pays en 1993.  Il crée son entreprise Generik Ekologia, spécialisée dans les conduites, canalisations et circuits d’épuration respectueux de l’environnement. En 2000, il crée une filiale en Ukraine. 
 Après avoir rejoint le PS en  1986 il  fonde en 1994  l’Association des Français en Pologne,, affiliée à Français du monde – ADFE.  Il est élu en  1994 membre élu du Conseil supérieur des Français de l’étranger  puis de l Assemblée des  Français de l’étranger (AFE), dont il est Vice- Président de 2008 à 2011.  Cette année il est élu sénateur des Français de l’étranger. Il est réélu en septembre 2017.

 Jean-Yves Leconte est membre de la Commission des lois, juge à la cour de justice de la République.

 

Jean-Yves Lecomte en visite au Lycée Français de Kyoto

 1/ Quel état  des lieux faites vous du réseau d’enseignement français à l’étranger?

L’augmentation de la PFC de 6 à 9% a été rude pour les établissements conventionnés et les établissements à gestion directe, et cette participation porte sur une assiette relativement injuste et considérée d’autant plus injuste que 1 point de contribution vaut 10 millions d’euros.
Y a t-il eu une mauvaise gestion de l’AEFE?  L’AEFE essaie, depuis des années, avec des moyens contraints et des élèves en augmentation de faire mieux avec autant et parfois avec moins.
Certains établissements ne peuvent pas faire remonter les frais de scolarité perçus en monnaie locale parce que la monnaie n’est pas convertible.  Les fonds qui restent dans les établissements figurent au compte financier de l’Agence au taux de chancellerie mais ne sont absolument pas disponibles. Ces établissements ne peuvent pas remonter et ont
des dettes vis-à-vis de l’AEFE.

 

2 / Emmanuel Macron a fixé l’objectif de doublement des effectifs dans le réseau à l’horizon 2030/ Pensez vous que cela soit réalisable?

L’objectif de doublement des effectifs est préférable à une vision malthusienne de l’avenir du réseau. Il n’est pas totalement irréaliste, car cela fait plus d’une dizaine d’année qu’il augmente d’environ 9000 élèves par an. Il exige des moyens en plus, en particulier en terme d’enseignants. Il sera impossible de maintenir la qualité avec autant (ou moins) de titulaires et en comptant juste sur de la formation interne.

L’augmentation des effectifs ne doit pas être un objectif à atteindre à tout prix, car il est important d’être strict sur le maintien – je dirai même le renforcement – de la qualité de l’enseignement et de son accessibilité (financière) pour l’ensemble des enfants français vivant à l’étranger.

L’augmentation des effectifs dans le réseau impose de travailler au renforcement de l’attractivité de celui-ci. Elle ne peut être tenue pour acquise sans efforts permanents sur l’amélioration des cursus pédagogiques proposés et un suivi sur l’accessibilité à l’enseignement supérieur des anciens élèves. Elle oblige aussi à proposer à l’ensemble des élèves scolarisés des cursus adaptés jusqu’au bout de leur scolarité. Ce qui devrait engendrer le développement de filières professionnelles.

 

La Rédaction

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