Que cache la foison de rapports sur l’education?

Que cache la foison de rapports sur l’education?

octobre 9, 2018 0 Par La rédaction

Depuis ce 30 mars dernier, quand la parole présidentielle est tombée sur l’académie et a ricoché sur les officines ministérielles et les bureaux parlementaires, chacun entend apporter sa petite pierre à la construction d’une nouvelle Tour de Babel : la réforme du réseau d’enseignement français à l’étranger.

La rentrée  parlementaire et académique est  donc chargée en rapports sur la question. 

Deux sénateurs–   Vincent Delahaye   et  Rémi Féraud-    ont remis fin août leur analyse des perspectives financières de l’AEFE.  Conclusion plutôt pessimiste pour ces hommes sages. La députée, Samantha Cazebonne, toute auréolée de sa couronne de passionaria de la Mission Laïque Française, s’attelle à un rapport pour le premier ministre sur  la « réalisation de l’objectif de doublement du nombre d’élèves scolarisésdans le réseau d’enseignement français à l’étranger à l’horizon 2030″.  En même temps,  pour que l’administration fasse entendre sa voix et ne disparaisse pas, un aéropage de hauts fonctionnairesdes ministères de l’éducation nationale et des affaires étrangères  travaillent à un rapport sur l’AEFEqui devrait être remis cet automne.  Bref, plus il y a de rapporteurs, plus on occupe le petit monde des Français de l’étranger.

La surprise est donc grande quand, au détour d’une page du Bulletin Officiel de l’Education Nationale, on tombe sur un décret en date du 6 septembredernier fixant les règles de  » Recrutements et de détachements- rentrée scolaire 2019-2020″. S’il a le cœur à l’ouvrage, le lecteur peut passer une soirée inoubliable à lire la prose ministérielle. Et que trouve t’il au détour d’un alinéa?  Que des décisions essentielles, qu’il pensait devoir être prises par les apprentis rapporteurs…. ont déjà été prises.  

Pour être autant concis que cela se peut quand il s’agit d’une matière aussi délicate que la mobilité du corps enseignant, il apparait que les règles de cette dernière sont  chamboulées.  Actuellementil existe trois catégories d’enseignants : les expatriésqui restent généralement cinq ans, bénéficient de primes et forment les locaux;  lesrésidentsdont les contrats peuvent être tacitement reconduits pendant de nombreuses années mais ne reçoivent pas les mêmes primes et les locauxqui sont recrutés sur place. Après lecture du BO, il semblerait que dorénavant  les deux premières catégories n’en feront plus qu’une : des  détachéspour une durée maximale de 6 ans. Il en serait fini à la fois des primes des  expatriés et des contrats renouvelables des résidents.  Bref,   les détachés offriraient ainsi une mobilité à moindre coût.  Si l’avantage budgétaire est évident, on peut se demander comment il sera alors possible de recruter des enseignants dans des contrées éloignées et difficiles….

Il est d’usage de dire que l’on nomme un rapporteur pour enterrer une réforme.  Assiste t-on à une révolution copernicienne dans le monde des cabinets ministériels?   Nommerait-on une multitude de rapporteurs non pas pour cacher l’absence de réforme, mais  pour cacher que les décisions ont déjà été prises?

Article du 30/08/2018 Un rapport sénatorial s’inquiète de l’avenir du financement de l’enseignement français à l’étranger

Article du  12/09/2018  La Députée Samantha Cazebonne encadrée

La Rédaction,

Le 19/09/2018

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